Petits voyages en prose et autres textes inspirants...

© Emmanuelle Andlauer
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Bonjour et bienvenue par ici !

Ici, c'est une page sur laquelle j'ai à cœur de vous partager mes textes pour vous inspirer et peut-être vous apporter quelque réconfort ou prise de conscience... Qui sait ?

N'hésitez pas à me contacter pour me faire part de vos ressentis à l'issue de votre lecture.

Sachez aussi que j'anime des ateliers d'écriture et que je propose des accompagnements. Si vous souhaitez en savoir plus sur mes prestations, rendez-vous sur la page : www.femmesdeletre.com

Je suis là.

 

J’occupe ma place, et tant pis si je dérange !

Je déploie ma couleur sans avoir peur d’être en disharmonie.

Je suis une des couleurs du tableau que nous formons, et ma couleur est nécessaire pour que ce tableau soit complet. 

Je suis, et je suis fière d’être qui je suis.

Je suis là, et il va falloir compter avec moi. J’ai des choses à vous apporter, non pas pour vous faire plaisir, ni pour vous porter assistance, encore moins pour boucher un espace resté vide.

J’ai des choses à vous apporter parce que je porte des informations qui vous sont destinées.

Je suis là !

Tant pis si je fais du bruit. Mon bruit est une partie de la musique du monde. L’entendez-vous ?

Je suis et je suis heureuse d’être là.

Je suis matière, je suis information. Je suis.

Et vous, qui êtes-vous ?

EA – Août 2025

Perce-neige

 

Clochettes dans les brumes de janvier. Lanternes immaculées.
Œuvre au blanc dans la nuit d’une magie oubliée.

Au premier mois de l’année, encore glacé, encore grisé, quelques fleurettes courageuses traversent l’écorce terrestre.
Fragiles, délicates et silencieuses, à l’abri des regards frileux, elles se déploient.

Aucune abeille à nourrir, aucun parfum à exhaler au rayon d’un soleil pâle. Personne à séduire, personne à consoler. Juste l’envie d’exister.

Au plus noir de l’hiver tout semble mort, bloqué, voir même déstructuré. Chez les humains, la course des minutes se poursuit froidement. Nos pensées, déjà absorbées par demain se teintent d’inquiétudes ou d’espoirs incertains. Comment ? Pourquoi ? Par quel moyen ? Vers qui ? Autant de questions pour relancer la roue qui tourne sans cesse sur elle-même, quelque part, loin du temps présent et proche du néant. Faire et refaire. Continuer. Tenir bon.

Pourtant à deux pas de nous, dans le secret d’un mystérieux et tranquille élan de vie, cette année encore, les perce-neige ont répondu à l’appel.

Les fées au jardin, immobiles dans leur habit de paix, commencent à s’éveiller. Les voyez-vous ?

Être et expérimenter, voilà qui est déjà assez.

EA – Janvier 2026

Inclusivité ?

 

Je suis de celles qui ont appris à l’école, en cours de grammaire française, qu’il existait certaines règles. L’une des principales étant que le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Parce que c’est comme ça, parce que cela simplifie les choses.

Cependant, en cours d’histoire, j’ai appris que dans « La déclaration des droits de l’homme et du citoyen » les mots « homme » et « citoyen » s’appliquaient aussi aux femmes. Puisque le masculin incluait le féminin, il était entendu que la femme était un homme comme les autres… En revanche, personne ne m’avait parlé, ni en cours d’histoire ni en cours de français, qu’une certaine Mme De Gouges avait proposé que cette déclaration s’applique aussi aux femmes mais que cela avait été refusé. Pire, j’ai appris bien plus tard que cette autrice, qui ne figurait pas sur les manuels scolaires, avait été guillotinée pour avoir cru que la révolution portée par le peuple pouvait bénéficier à tous les individus de ce même peuple…

Pendant les récréations, j’ai compris que la violence était un jeu de garçons qui se livrait au grand jour, comme le foot ou la bagarre, tout comme faire le tour de la cour en se racontant nos peines de cœur était un jeu de filles.

Je suis de celles qui ont appris que le mot « fraternité » gravé dans la pierre au fronton de nos bâtiments républicains englobait aussi les femmes et tous les êtres humains présents sur le territoire. J’ai cru que les frontières servaient à tracer des cartes qui permettaient de situer les pays et de les associer avec des spécificités géographiques et culturelles.

On m’a enseigné que les lois étaient faites pour protéger les citoyens, et je mettais naturellement derrière ce mot « citoyen » les hommes, les femmes, les blancs et les non blancs, les personnes nées en France et les personnes nées au-delà de nos frontières.

J’ai déduit de tous ces enseignements qu’il existait deux catégories de personnes : les bons et les méchants. Autrement dit, ceux qui respectent les règles et ceux qui ne les respectent pas.

J’ai appris que le mot « règles » désignait aussi un truc qui allait m’arriver tous les mois, dont il ne fallait pas trop parler, qui consistait à absorber avec une serviette hygiénique le sang qui coulerait tout seul entre mes jambes, et que grâce à cela, je pourrais avoir des enfants quand je serai grande…

Et puis, je suis devenue grande. Et par l’expérience, j’ai été contrainte de désapprendre tout ce que je croyais être la vérité.

J’ai compris que par chance, j’étais de celles qui ont eu un accès facile à la contraception. J’ai traversé mes années de fertilité en sachant qu’en cas de besoin, je pourrais avoir recours à l’avortement, non sans douleur mais au moins dans la légalité. Je suis de celles qui ont pu ouvrir un compte bancaire, signer des chèques et posséder une carte de paiement à mon nom. Je n’avais pas appris à l’école que ces droits-là étaient récents et qu’ils pourraient être menacés un jour.

Je suis de celles qui sont toujours aller voter, pas forcément pour choisir une figure politique en qui je croyais, mais au moins par respect et par mémoire pour les suffragettes qui s’étaient battues pour que je puisse participer à la démocratie de mon pays. 

Ce que je découvre avec tristesse aujourd’hui, c’est que le mot « homme », le mot « citoyen » et le mot « fraternité » semblent s’être toujours appliqués seulement aux hommes. Il m’apparaît que le mot « règles » désigne finalement un ensemble de douleurs et d’angoisses qui continue à maintenir les femmes à l’écart des droits que les hommes blancs s’accordent en premier lieu pour eux-mêmes. Pas tous les hommes, mais encore beaucoup trop quand-même. Suffisamment pour que le monde continue de tourner par la force de la violence, des privilèges et de la domination.

EA – Février 2026

 Alchimie

 

Dans mon chaudron,

Je t’accueille.

Dans mon chaudron,

Tu viens et je me transforme.

Avec toi, mon centre de gravité se déplace,

Je suis là, je suis cercle, je suis intervalle,

Je suis quelque part entre toi et moi.

Je suis dense dans mon corps,

Dans mon corps, mon cœur danse.

Contre ta peau, je sens ton cœur qui bat.

Ça pulse en moi.

Dans mon chaudron,

Tu es chez toi.

Dans mon chaudron,

Toi et moi mélangés,

Vortex, osmose, émulsion à chaud,

Nos flux s’emmêlent, s’assemblent…

Je respire. J’écoute ton souffle.

Je ris au son de ta voix.

Je te vois. Toi. Au-delà de tes yeux.

Je te vois, lumière encore inconnue,

Si intense.

Dans mon chaudron,

Magma calme.

Reste là !

Pourtant, je sais que tu dois partir.

J’ai besoin que tu t’en ailles.

En ton absence, je convoque le temps.

Dans mon chaudron : Intégration.

L’énergie débordante doit se diffuser.

Trop plein de toi. Décanter.

Dans mon chaudron,

Ça pulse, ça brasse.

Ce qui est à toi, ce qui était à moi.

Une nouvelle force qui nettoie

Une nouvelle moi, faite de toi,

De ton passage, de ta force,

De ta douceur, de ta magie.

Dans mon chaudron, ça se fait sans moi,

De toi de moi, chaque cellule se nourrit

Et reprend sa place, grandie.

J’ai besoin de temps sans toi,

Pour devenir encore plus moi, avec toi.

Dans mon chaudron, toi, moi,

Dans mon chaudron, l’ Âme agit.

 

EA – Septembre 2022

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